L’intelligence émotionnelle
au cœur des débats

Tout comme le manque de forces intellectuelles en présence, le manque d’intelligence émotionnelle dans le travail a un coût qui peut finir par compromettre l’existence de l’entreprise. Grâce à ses tableaux statistiques, un manager sera tout à fait capable d’évaluer le nombre de potentiels à recruter ou à renforcer dans son équipe mais paradoxalement, il se trouvera certainement démuni de ratios mesurant l’inefficacité due à un déficit émotionnel. Et pourtant, une incompatibilité d’humeur entre plusieurs collaborateurs a immanquablement une incidence notoire sur les performances. Mais on attribuera d’abord une baisse de productivité, une difficulté croissante à atteindre des objectifs, une répétition d’erreurs et d’incidents, voire un départ d’un collaborateur, à un dysfonctionnement organisationnel ou intellectuel plutôt qu’à un désordre relationnel.

C’est dans les années 80 sous la double pression de la mondialisation de l’économie et des nouvelles technologies de l’information que la hiérarchie rigide et directoriale a commencé à s’effondrer. D’autres modes de management ont évolué et la question de la rentabilité de cette forme d’intelligence, idée relativement nouvelle dans le monde des affaires, est apparue peu à peu au cœur des débats. Le paradigme antérieur avait pour idéal la raison libérée des émotions ; le nouveau paradigme nous enjoint d’harmoniser la tête et le cœur. Les pays du Nord de l’Europe, là où d’autres paramètres environnementaux pèsent plus sur le quotidien, ont fait partie des premiers à imaginer des ratios dits « sociaux ». Ces indicateurs sociaux comme l’autonomie, l’équité, la santé et la cohésion sociale, comme bien d’autres, entrent en jeu dans la mesure du bien-être.

Dans l’entreprise, malgré l’apparition de certains indices, l’heure est encore souvent au constat ; même si l’on est plus « à l’écoute », il est toujours très difficile de mesurer une dégradation d’ordre socio-économique et d’en détecter les causes réelles impactant sur les performances. Et cela risque d’être ainsi encore longtemps puisqu’on est là dans la dimension humaine et relationnelle. Cependant, aux vues de certaines situations extrêmes, on observe une volonté de prise en compte de ces nouveaux paramètres notamment dans les démarches de prévention des Risques Psycho-Sociaux (RPS). L’homme (re)devient donc vraiment le sujet incontournable au centre des organisations. Il est indéniable désormais d’imaginer que l’amélioration des performances ne passe pas obligatoirement par une amélioration du bien-être en entreprise.

Cette amélioration-là, celle du bien-être, est sous-jacente au développement de l’intelligence émotionnelle. Là où la raison et le rationnel n’atteignent plus leur but, le cœur et le ressenti peuvent s’avérer être une aide véritable à la décision. Si l’on peut dire, chacun est ainsi constitué de deux esprits, l’un pensant et l’autre ressentant ; les deux absolument complémentaires pour évaluer, analyser et réagir à une situation donnée. Pour autant, si l’on est capable aujourd’hui de mesurer une défaillance intellectuelle, on est beaucoup moins catégorique lorsqu’il s’agit d’une faiblesse de l’intelligence émotionnelle. Et pourtant, on sait désormais qu’elle peut être à l’origine d’une augmentation des risques de mal-être et engendrer une baisse importante des performances. Ce domaine-là, celui des émotions, ne s’exprime pas nécessairement avec des mots, mais avec des signaux non verbaux tels que la voix ou les gestes; il s’étend au-delà du langage et de la connaissance.

Ainsi, l’Art des relations interpersonnelles est fondé sur la capacité de connaître les sentiments : les siens et ceux des autres. Pour chacun, approfondir son intelligence émotionnelle repose essentiellement sur la propre maîtrise de soi; vis-à-vis des autres, cela signifie approfondir son aptitude à l’empathie et à la coordination des humeurs. C’est en ce sens que les entreprises tendent à développer peu à peu le champ comportemental de leurs collaborateurs: apprendre à accepter les émotions pour éviter les écueils du mal être. Non maîtrisées, les émotions minent les capacités intellectuelles et altèrent la productivité; à l’inverse, lorsqu’elles sont utilisées à bon escient, elles subliment le potentiel, décuplent le plaisir et s’imposent d’elles-mêmes au service de la performance. En d’autres termes, ce que l’on a observé longtemps dans l’art ou le sport devient désormais un moyen de communication incontournable dans les échanges interrelationnels.

Olivier Gesbert
Inspiré de « l’Intelligence émotionnelle »
de Daniel Goleman

 
Origine ArtManaging : L'origine Modalités ArtManaging : Nos modalités Autres activités ArtManaging : Nous faisons aussi FAQ ArtManaging : Questions fréquentes Partenaires ArtManaging : Nos partenaires Livre d'or ArtManaging : Laissez un message News ArtManaging : Nouvautées Régie ArtManaging : Régie