Devenir un "bonsensiste"

Ce qui compte ne peut pas toujours être compté, et ce qui peut être compté ne compte pas forcément (Albert Einstein).

Si l’on n’avait besoin que de raison, le cœur n’existerait pas. L’homme n’a pas été fait ainsi pour que l’on n’utilise qu’une partie de son capital. Si l’on ne devait faire confiance qu’à ce qui est rationnel, une multitude d’actes ne se produirait pas ! On a un esprit qui ressent parfois plus qu’il ne pense. Tout porte à croire, heureusement, que la réussite n’est pas qu’une question de QI et qu’au contraire les personnes qui s’y connaissent en matière de sentiments sont plutôt avantagées dans tous les domaines de la vie, en amour et au travail. Apprendre à maîtriser ses émotions peut donc être une manière d’accroître son efficacité mais aussi de nouer des relations harmonieuses avec les autres. Cette valeur ajoutée à notre intelligence rationnelle décuple considérablement les angles de perception et de compréhension en toute situation. Il s’agit cependant, selon Aristote, de contenir nos émotions dans la justesse de leur expression. Car à contrario, nous le savons bien, nous manquons d’objectivité et de discernement lorsque nous sommes sous l’emprise d’émotions fortes. Plus un sentiment est intense, plus l’esprit émotionnel domine et plus l’esprit rationnel perd de son efficacité. Un QI, aussi élevé soit-il, ne peut nous dispenser des effets primaires de nos passions et pulsions. Il est donc impératif de composer avec nos deux esprits rationnel et émotionnel afin d’établir perpétuellement le juste rapport entre la tête et le cœur.

En musique, une partition n’a de valeur que si elle interprétée avec toute la palette de sentiments nécessaires à sa véritable expression. Excepté pour quelques érudits, le code musical tel qu’il est transcrit au travers des notes sur une portée ne signifie rien. Il prend tout son sens dès lors qu’il est traduit artistiquement, transmis et partagé.

La communication aussi est un art qui ne vaut que si elle est partagée par tous. Mais l’évolution technologique a désormais un effet délétère sur notre aptitude à échanger. Nous ne pouvons plus nous passer de nos mobiles, tablettes, et autres supports de messagerie. A tel point que parce que leur usage est illimité, il est difficile d’estimer objectivement l’essentialité d’une information. En quelques sortes, plus on a de moyens, plus on échange ; plus on échange, moins on se comprend !

Ces déviances technologiques ont de plus en plus de conséquences dans la vie professionnelle: en terme de management, de culture, de comportement et autres domaines encore. Tout cela a un prix qui, dans son ensemble, entraîne peu à peu une fragilisation de l’entreprise. Bien entendu, ne plus utiliser ces moyens est impossible ; cependant mieux les utiliser est possible et représente même un nouveau gage de compétitivité. Pas seulement en imposant une discipline d’utilisation rigoureuse car une telle méthode procédurale – et non moins contraignante – ne comble pas les déficits relationnels, culturels, comportementaux et managériaux dans l’entreprise. Il y a donc une démarche de bon sens à réactualiser afin d’inciter chacun à une communication plus active et un renforcement des échanges de proximité.

L’homme au centre des débats et non en périphérie. L’homme, porteur de sens où les émotions transforment un message décodé en message ressenti. Car les émotions vont au-delà du langage et de la connaissance. Elles prennent en compte et mettent en lumière des facteurs non verbaux comme l’attitude physique, la voix, le regard, l’humeur… bref une multitude d’éléments propres à notre fort intérieur. Dire de vive voix permet d’exprimer au mieux nos attentes en tenant compte immédiatement de l’état général de réceptivité de chacun. C’est une des garanties de l’échange véritable entre les hommes, d’une meilleure compréhension et d’un bien-être en entreprise nécessaires à la performance.

Devenir un bonsensiste, c’est communiquer comme on veut, pas comme on ne veut pas. C’est user de son savoir-être en toutes circonstances. C’est trouver l’équilibre permanent entre le sens et la raison. C’est savoir adopter la meilleure attitude digne dans un contexte donné. C’est savoir prendre la meilleure décision en fonction des contraintes environnementales. C’est savoir se mettre au diapason émotionnel de l’autre pour mieux l’accompagner. C’est mettre ses sens en éveil pour faire preuve de bon sens.

Ecrire un message fait peut-être gagner du temps ; Le dire fait sûrement gagner de l’argent.

Le bien-être ne se dit ni s’écrit, il se partage et se ressent.

Olivier Gesbert

 
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